Dimanche 18 mai 2008

 

Si vous voulez aller de Buffalo à Detroit, vous pouvez tourner les cartes dans tous les sens, le chemin le plus court pour faire le trajet passe inévitablement par le Canada. De ce fait, et d’un point de vue purement administratif, Rod se retrouva à nouveau en règle dès la sortie des faubourgs de Buffalo, alors que le van roulait sur la route de Hamilton.

Hamilton, c’était le premier arrêt prévu par l’équipe des filles. Soi-disant, elles y trouveraient à acheter une marque spécifique de produits diététiques qu’on ne trouvait qu’au Canada. Des histoires de nanas quoi !

En plus de Nancy qui ne tarissait pas à propos du petit français qu’elle avait amené avec elle, trois autres jeunes femmes d’une trentaine d’année formaient le groupe d’amies : elles s’appelaient Mary, Betty et Coleen. Toutes étaient natives de Buffalo (NYS), employées la semaine à des tâches insipides, elles se payaient des virées presque chaque week-end, pour, disaient-elles : « changer d’air. »

Il n’y avait que les garçons rustauds et les stupides pompoms qui pouvaient se passionner pour les matches des Sabres et des Bills, constituants les attractions incontournables de fin de semaine en ville. Quand on revendiquait le statut de femme libérée, un samedi à Buffalo ça rimait avec mourir d’ennui.

 

Les quatre amies s’entendaient si bien qu’elles utilisaient une sorte de langage convenu pour communiquer, langage dont les subtilités échappaient largement au jeune français. Ainsi il ne comprit pas les allusions quelque peu grivoises dont il fut l’objet dès le début du voyage, et quand Nancy appuya un regard insistant dans sa direction il ne réalisa pas le moins du monde qu’elle le désignait à ses copines comme le trophée qu’elle avait gloutonnement croqué la nuit passée.

 

Poliment, Rod se contentait d’acquiescer aux allégation de ses hôtesses sans vraiment les comprendre jusqu’à ce que son sourire un peu bêta se transforme en banane quand à travers la vitre de l'auto, il vit un immense panneau publicitaire indiquant la proximité de Niagara Falls.

 

« Dis donc, Nancy, c’est à combien de miles les chutes ?

   C’est tout près d’ici. Tu connais pas ? Tu veux les voir ?

   Bon sang ! Je comprends ! Les chutes du Niagara ! J’aimerais bien voir ça !

   Comment ? S’étonna Coleen, tu as fait tout ce voyage d’Europe jusqu’à Buffalo et tu n’es pas encore allé aux Falls ! Je le crois pas ! C’est la seule et unique chose qui vaille le coup d’œil dans la région !

   Ben non, tu sais, je suis arrivé seulement hier et un peu par hasard, répondit Rod. Et puis je suis nul en géographie. Je ne savais même pas que les chutes se trouvaient si près d’ici !

Nancy interrogea ses comparses

   Alors, qu’est ce qu’on fait les filles ? On s’arrête un moment pour Rod ?

Mary qui tenait le volant n’hésita pas longtemps. Elle affirma sur l’air de plaisanterie :

C’est sûr, on ne peut pas passer à côté d’une cinquième merveille du monde sans la lui montrer. On a qu’à s’arrêter un moment à hauteur du fer à cheval, mais pas plus d’un quart d’heure pour ne pas nous mettre en retard.

   O.K. ce sera suffisant pour se remplir les mirettes. Tu vas voir ça Rod ! It’s wonderful ! It’s wonderful ! »

 

 

 (à suivre)

 

Rod Story est un nouvel exercice de co-écriture que nous avons entrepris avec Selva.

(Lien vers le blog de Selva)


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Samedi 17 mai 2008



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Jeudi 15 mai 2008



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Mardi 13 mai 2008



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Dimanche 11 mai 2008

 

A cheval sur un trait tiré par l’arc-en-ciel

je m’envole aujourd’hui vers une étoile double,

assez vite pour que l’espace-temps se trouble

et que le flux des lux m’apparaisse essentiel.

 

Les parsecs rendent fou mon compteur matriciel ;

distorsion des durées et distances très souples

font danser drôlement l’invraisemblable couple

de soleils autour d’un collapsar substantiel.

 

Follement je me risque au centre de la spire

si bien que le puits gravitationnel m’aspire !

Je disparais, avalé par… le trou de ver.

 

Soudain, je suis jeté comme un pet de lapin

sur une plage où je retrouve mes copains :

ils sont devenus vieux… je suis encore vert !


 

Ecrit pour les Impromptus Littéraires

 


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Vendredi 9 mai 2008



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Mercredi 7 mai 2008



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Mardi 6 mai 2008

 

Rod dut prendre un bus jusqu'au campus et une fois arrivé se mit en quête d'un ordinateur accessible au public. Cela lui prit du temps mais lui permit de faire la connaissance d'une rousse aux longs cheveux prénommée Nancy qui travaillait à la bibliothèque pour boucler ses fins de mois. Après avoir rassuré ses parents par un message détaillé relatant ses aventures (quoique de manière non exhaustive) , il proposa à Nancy d'aller boire un verre  en ville un peu plus tard. En attendant la fermeture, il se mit à lire des  ouvrages un peu au hasard et tomba sur un exemplaire de Jack Kerouac, « Visions of Cody ». Il avait lu « On the road » et « Dharma Bums », mais pas celui-là. Le temps passa vite. Nancy lui fit signe qu'on fermait. Elle avait un van antédiluvien peint en rose garé un peu plus loin et c'est ainsi qu'ils arrivèrent au centre ville ou Nancy connaissait un bar à bière qui offrait un grand choix. Elle semblait connaître tout le monde. Rod la regardait s'animer, parler aux uns et aux autres, rire joyeusement. De temps à autres elle jetait un regard vers lui, souriait, faisait signe de patienter. Finalement elle s'installa près de lui et demanda :

 

 « Qu'est ce que tu fais demain, Rod ? C'est le week-end et je pars en van à Detroit avec quelques copines. Ça te dit de nous accompagner ?

   Detroit ? C'est là que je vais justement.

   Tu connais quelqu'un là bas ?

   Heu, oui… Un peu, bredouilla Rod. Une amie de … ma mère.

Nancy sourit malicieusement. Rod rougit malgré lui.

— Ecoute, dit Nancy . Ce soir tu dors chez moi. J'ai besoin d'un peu de tendresse.

Rod crut avoir mal entendu.

Nancy le regarda droit dans les yeux :

   Si tu dis non, je t'emmène quand même à Detroit demain.

   C'est que je ne voyage pas seul . Il y a un autre gars.. Un vieux  que j'ai rencontré il y a deux jours. Je ne peux pas le planter là.

   Non, tu ne peux pas, dit Nancy. »

 

Ils se mirent donc à la recherche de Simon, mais en vain. Au fond, Rod savait qu'il ne  le reverrait pas, en tout cas pas de sitôt. Il n'y avait plus qu'à suivre Nancy.

 

*

 

Au début, il avait chantonné dans sa tête « These boots are made for walking », mais après une nuit de douceur  c'est un autre refrain qui lui vint en tête. Ils étaient allongés dans le lit de la jeune femme et un rayon de soleil venait caresser leurs visages. Il commença, sans presque l'avoir voulu,

 

"It seems so long ago,

Nancy was alone,

looking ate the Late Late show

through a semi-precious stone.

In the House of Honesty

her father was on trial,

in the House of Mystery

there was no one at all,

there was no one at all."

 

Au moins, dit Nancy, tu m'as épargné "These boots are made for walking", c'est déja ça! . Elle se leva malgré les protestations de Rod et revint avec une guitare." Ce bon vieux Leonard Cohen, dit elle en riant. On n'a rien fait de mieux depuis, d'après mes vieux.. Et au fait, ma sœur s'appelle Suzanne! »

 

"It seems so long ago,

none of us were strong;

Nancy wore green stockings

and she slept with everyone.

She never said she'd wait for us

although she was alone,

I think she fell in love for us

in nineteen sixty one,

in nineteen sixty one."

 

Elle avait une voix assez basse, un peu rauque. Trop de cigarettes et de nuits tardives. Rod adorait ça, et aussi cette manière qu'elle avait de rire franchement, sans coquetterie. Ils terminèrent la chanson ensemble

 

"It seems so long ago,

Nancy was alone,

a forty five beside her head,

an open telephone.

We told her she was beautiful,

we told her she was free

but none of us would meet her in

the House of Mystery,

the House of Mystery.

 

And now you look around you,

see her everywhere,

many use her body,

many comb her hair.

In the hollow of the night

when you are cold and numb

you hear her talking freely then,

she's happy that you've come,

she's happy that you've come."

 

« Ça, c'est vrai, conclut-elle. Je suis contente que tu sois venu. Mais là, faut qu'on se bouge un peu, parce que mes copines vont arriver, et hop, on the road again ! »

 

 

(à suivre)

 

Rod Story est un nouvel exercice de co-écriture que nous avons entrepris avec Selva.

(Lien vers le blog de Selva)


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Dimanche 4 mai 2008

 

La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon

au large de la terre, à très haute altitude,

j’ai vu des hommes fous, toute une multitude,

serrés dans des bateaux, des autos, des wagons.

 

Accroché à son cou j’allais comme Eragon

le voyageur ailé, loin des vicissitudes

me reposer enfin de mille turpitudes,

planer tranquillement au-dessus des lagons.

 

La nuit fit place au jour, le soleil s’annonça,

la lumière ? …  ma monture n’aimait pas ça :

un coup d’aile et je vis d’un volcan le cratère.

 

Le monstre en abattant dans la nuée ardente

me réveille soudain !… Aaah ! J’hurle d’épouvante,

je m’élance du lit et je tombe par terre !

 


Ecrit pour les Impromptus Littéraires

 


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Jeudi 1 mai 2008



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