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Bloc-notes de Toncrate

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79 – La fin de la quarantaine

 

Il se passa encore deux semaines avant que soit définitivement décrétée la fin de la quarantaine. En effet, durant toute cette période nul n’avait été affecté par le mal étrange qui s’était abattu sur la ville, ni les volontaires qui s’étaient vainement aventurés à la recherche de survivants, ni les stewards qui sortaient chaque matin pour assurer le ravitaillement. Du jour au lendemain la surveillance  des entrées et des sorties cessa et chacun pu aller et venir au-delà des limites de la zone.

 

Les gens ne tardèrent pas à se disperser hors les murs. Compte tenu que les communications téléphoniques étaient impossibles, le mot d’ordre commun consista à partir à la recherche de ses proches. D’abord pour se rendre compte s’ils étaient devenus des hommes-cartons, ensuite pour faire en sorte d’être présent à leur côté dans l’éventualité d’un réveil inopiné, espéré à la suite des conclusions des experts.

 

Ce qui s’avérait assez simple pour des londoniens ou des banlieusards se révéla plus difficile pour les ressortissants étrangers. Voire impossible lorsque ceux ci vivaient sur un autre continent, car comme ils pouvaient le constater amèrement, en l’absence d’activité humaine, tout le trafic aérien et maritime était arrêté. L’Angleterre étant une île, sauf d’affréter un navire ou de piloter un avion, ce qui n’était pas dans les capacités de tout le monde, les continentaux ne pouvaient pas s’en échapper. Pour Ada, Dana et Joye, force fut de constater que si leur prison s’était considérablement agrandie, elle restait une prison tout de même.

 

« Il y a peut-être une possibilité de rejoindre la France annonça Ada qui venait d’avoir une idée lumineuse.

   A la nage ? rétorqua sa sœur en agitant les bras et en tirant la langue.

   Non non, à pied sec.

   Comme Jésus alors, en marchant sur l’eau et en priant pour que ça tienne ! railla Joye.

   Ne dites pas de sottises toutes les deux reprit Ada qui n’aimait pas qu’on plaisante avec la religion, nous pouvons passer sous la mer… en empruntant le tunnel ! »

 

Le trafic ferroviaire étant interrompu, il ne devait pas y avoir grand danger à s’engager sur les voies et à traverser la Manche par en dessous. Les sœurs Ravière décidèrent de mettre l’idée en pratique.   Cependant Joye préféra demeurer avec ses compatriotes également pris au piège sur l’île, car dans son cas, qu’elle se trouve sur cette rive du Channel ou en face, le rapatriement demeurerait de toute façon problématique, compte tenu qu’on n'avait pas encore envisagé de creuser un tunnel sous l’océan atlantique !

 

*


Ainsi se termine le chapitre so British de l’aventure.

 

 

*

*  *

 

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