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Bloc-notes de Toncrate

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82 – Vous avez des messages

 

Il n’y eut pas de miracle. Comme partout ailleurs, le village natal des sœurs Ravière avait été atteint par le phénomène qui rendait les hommes légers. Le pire était venu. C’est dans une maison morte, ouverte aux quatre vents, que les jeunes femmes découvrirent horrifiées les corps éthérés de leurs proches, les uns écroulés au salon les autres dans la cuisine. Les enfants éparpillés au dehors, subitement interrompus dans leurs jeux et entraînés le long du muret de la cour au hasard des vents et des courants d’air.

 

Les larmes perlaient aux paupières de Dana lorsqu’elle les porta à l’intérieur. Ensuite les deux femmes installèrent les membres de la famille le plus humainement possible, qui sur un lit, qui dans un fauteuil, afin qu’au moment de l’hypothétique réveil chacun revienne à lui dans une position adéquate.

Mais que faire en attendant cet instant présumé du retour à la vie ? Quand serait-il susceptible de se produire ? Aurait-il seulement lieu ? Si les savants de Londres avaient affirmé que l’état des hommes-cartons n’était pas irréversible, à aucun moment ils n’avaient précisé la durée possible de leur immobilisation. Cela pouvait se chiffrer en mois… en années, en lustres ! Compte tenu  du fait que les corps atteints par la maladie semblaient immatériels, ils ne risquaient pas de pourrir, ni de devenir la proie d’un éventuel prédateur. Pour les hommes-cartons le temps ne comptait plus. Cela faisait une sacrée différence avec les survivants qui allaient continuer de s’user et de prendre de l’âge, de respirer, de vivre et de mourir aussi.

 

Les deux sœurs en étaient à se demander si elles ne devaient pas s’en retourner à Londres, le seul endroit où, à leur connaissance, survivait l’humanité. C’est alors qu’un élément nouveau modifia leurs projets. Ada fut intriguée par la faible lumière qui persistait près du téléphone. Depuis longtemps les jeunes femmes avaient intégré l’idée qu’il n’y avait plus de courant ni de réseau nulle part, et quand bien même il y en aurait eu, aucun correspondant ne serait en mesure de répondre à un appel. C’est pourquoi le voyant écarlate qui scintillait sur le boîtier avait de quoi les laisser perplexe. Il s’agissait d’un témoin du répondeur téléphonique. Il indiquait que l’appareil fonctionnait en mode batterie en l’absence d’alimentation électrique normale.

 

Il y avait une douzaine de messages. Tous provenaient de Justine, la meilleure amie d’Ada, ils dataient du dimanche de la catastrophe et des jours suivants ; tous disaient à peu près la même chose : « Ada, je t’en prie, si tu as ce message appelle moi. Tu peux me joindre sur mon portable ou sur le fixe à la maison. Je ne sais pas ce qui se passe. On dirait que c’est la fin du monde ici ! Je t’en prie, contacte-moi Didou, je me fais du souci pour toi et ta famille. Rappelle-moi s’il te plaît ! »

 

Ces messages avaient été enregistrés alors que le téléphone fonctionnait encore. La singularité venait du fait que les appels étaient postérieurs à la date du désastre et surtout, qu’ils y faisaient  clairement allusion. Il y aurait donc d’autres survivants ? Et parmi eux la meilleure amie d’Ada ?

Un immense espoir vint éclairer les perspectives des deux sœurs..

Même si la soirée était bien avancée, les filles avaient besoin d’en avoir le cœur net. Elles se remirent en selle sans délai et prirent la route en direction des Cévennes, vers la maison de Justine et de Titou.



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T
je suis aussi "mordue" de cette histoire :o)<br /> <br /> bonjour aux chats !
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T
Depuis que je devais faire une bannière !<br /> Socrate est à gauche<br /> Platon à droite<br /> <br /> Quant à l'histoire, comme tu le pressens, elle est sur le point de finir.
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A
et c'est là que les Athéniens s'atteignirent...<br /> <br /> J'espère que ton histoire ne va pas s'arrêter là ! On s'y est vraiment pris (on = moi !)
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