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Bloc-notes de Toncrate

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76 – Une chambre au Hilton

 

Un semblant d’ordre s’était installé peu à peu. Des files d’attente s’allongeaient devant les téléphones publics qui ne semblaient pas vraiment fonctionner. Elles se défaisaient puis se reformaient devant d’autres cabines en fonction des rumeurs qui s’échangeaient sans cesse. Faute de personnel pour les décharger, les bagages étaient restés dans les soutes des appareils, avec eux les téléphones cellulaires des passagers, car ils étaient interdits en cabine afin de prévenir d’éventuels attentats.

Par moment les néons du plafond faiblissaient, certains s’éteignaient puis se rallumaient aussitôt en ligne un peu comme si un distrait s’appuyait contre l’interrupteur qui les commandait. Mais dans l’ensemble le courant se maintenait ce qui permettait aux distributeurs automatiques de fonctionner normalement. Ils étaient assiégés par des gens assoiffés et affamés, plus que les guichets des différentes compagnies où il n’y avait personne pour recevoir les réclamations ; malgré cela on pouvait y entendre quelques vieilles anglaises vitupérer dans le vide contre l’impéritie de l’administration du royaume.

Prenant toute la mesure de la situation, des hôtesses avaient investi les snacks et les restaurants du terminal 4 pour proposer gracieusement à qui le demandait, sandwiches et bouteilles d’eau.

 

A ce moment là, nous devions être environ un millier de clampins à attendre on ne savait trop quoi dans cette zone de transit. Après que l’avion qui transportait Dana et Ada se fut posé, les équipages d’une demi-douzaine d’appareils vinrent encore gonfler le nombre des rescapés. Ensuite plus aucun avion ne se présenta devant les pistes détrempées de l’aéroport. Désormais, il n’y aurait plus d’atterrissages à Heathrow.

 

Est-ce que ce fut le silence qui s’ensuivit qui dégagea le ciel ? On ne peu pas l’affirmer. Cependant c’est à ce moment là que la pluie cessa et que les nuages se déchirèrent enfin pour laisser apparaître la lumière rougissante du soleil qui baissait sur l’horizon. Sauvant l’honneur, sunday time terminait son temps en beauté en apportant une lueur d’espérance à tous ceux qui étaient réunis dans la même galère.

 

La nuit était tombée depuis des heures lorsqu’on nous fit savoir par la voie des haut-parleurs que l’hôtel Hilton était réquisitionné à notre bénéfice. Nous fûmes invités à nous y rendre dans l’ordre et dans le calme afin que l'on nous affecte une chambre. Pour que chacun puisse être accueilli nous dûmes nous regrouper par équipes de cinq ou six personnes. Un couple de retraités britannique très corrects se joignit à Joye et aux sœurs Ravière pour faire le compte.

Encadrés par des stewards et des hôtesses nous rejoignîmes le hall de l’hôtel en rangs grossiers, empruntant une passerelle couverte directement accessible depuis le terminal de l'aéroport, empêchant par le fait toute fuite intempestive. Les excités qui avaient montré des signes d’impatience au début des événements s’étaient notablement calmés. Chacun accusait sa fatigue et la promesse d’une nuit convenable suffisait à convaincre les plus récalcitrants à se montrer coopératifs. Le confort du Hilton, même partagé à cinq par chambre, ça valait bien quelques concessions.



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A
pourquoi les empêcher de fuir ? qui a décidé cela ?
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