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Bloc-notes de Toncrate

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75 – Terminal 4

 

De leur côté Ada et Dana s’étaient mises en quête de quelqu’un qui parlait le français. C’est ainsi qu’elles firent la connaissance d’une américaine qui maîtrisait parfaitement la langue de Voltaire. Elle s’appelait Joye et arrivait de la région du Midwest des Etats-Unis par un vol qui s’était posé à Heathrow environ deux heures plus tôt que celui des deux sœurs.

« D’après ce que j’ai compris, expliqua-t-elle, il s’est produit quelque chose de pas banal ici. Par exemple, regardez les gens sur ce banc à droite, vous croyez qu’ils sommeillent ? Ben non, ils sont tout mou, évanouis, sans aucune réaction… on dirait presque qu’ils sont morts. Et ceux qui semblent dormir sur le sol, là-bas ? … C’est pareil, ils n’ont pas bougé d’un millimètre depuis qu’on a débarqué dans ce cirque. Et d’après ce que j’ai entendu dire de-ci de-là, à l’extérieur c’est le même topo. Pire même ! Les équipages qui ont été chargés d’aller se rendre compte sur place sont revenus complètement catastrophés. Paraît-il qu’il y aurait une guerre biologique ou quelque chose dans ce genre et c’est pour ça que les gens deviennent de la gélatine. Les commandants de bord dont les avions se sont posés à Heathrow depuis quelques heures ont regroupé leurs passagers ici, au terminal 4. Ils communiquent entre eux par radio, je crois. En attendant d’en savoir plus sur la situation ils nous ont demandé de rester groupés dans cette zone de transit. Personne n’a le droit d'en sortir. Tout à l’heure il y a même eu une bagarre entre un type qui voulait se barrer et des stewards qui l’en empêchaient. Depuis les issues sont gardées par le personnel navigant. Pas possible de se tirer. Soi-disant, c’est pour préserver la sécurité des personnes, selon le principe que les pilotes sont responsables de leurs passagers. A 10.000 pieds en l’air je suis d’accord, mais là, on est à terre non ? C’est vraiment n’importe quoi ! En tout cas, jusqu’à plus ample informé, nous sommes tous prisonniers ici. Qu’on le veuille ou non ! »

 

La jeune femme n’en finissait pas de causer, comme un moulin à paroles. Elle raconta qu’elle était en vacances, qu’elle voyageait seule à travers l’Europe, pour rencontrer des gens disait-elle, pour le plaisir. Elle était vive, gaie et prolixe, heureuse de rendre service à ces deux françaises qui paraissaient tellement paumées. Faut dire qu’Ada ne parlait qu’un anglais technique et elle avait un mal fou pour comprendre le conversationnel de tous les jours, surtout lorsque se mêlaient les différents accents régionaux. Quant à Dana, quelques années plus tôt, ses notes du Bac l’avaient dégoûtée à jamais de l’apprentissage d’une langue étrangère.

 

Avec cette sympathique américaine qui leur servait d’interprète les sœurs Ravière avaient trouvé une relation fort utile à laquelle elles décidèrent d’attacher délibérément leurs pas afin de pouvoir survivre dans la jungle du terminal 4.



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T
Joye, tu dis ?<br /> :o)<br /> <br /> donc, en résumé, tous ceux qui ont été sous terre, sous mer, ou dans les airs en ont réchappé<br /> mais pourquoi les personnages dans l'hôpital sont-ils épargnés ?
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