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Bloc-notes de Toncrate

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59 – Disparue !

 

Bizarrement je ne suis pas accueilli comme je l’escomptais. En me hissant à bord par l’échelle de poupe je n’aperçois personne, ni dans le cockpit, ni sur la plage avant. Ce genre de bateau n’est pas pourvu de cabine à proprement parler. L’espace réduit du roof est dédié au rangement du matériel, il ne sert d’abri que dans des cas extrêmes de météo méchante ou de mer démontée. Par acquis de conscience, après m’être déharnaché de mon équipement de plongée, j’inspecte le panneau d’accès. Il n’a pas été ouvert.

Un malaise commence à me nouer le ventre. La situation que je suis en train de vivre intérieurement ne colle pas du tout avec le calme qui règne à l’extérieur. Il fait beau, la mer est à peine ridée par une petite brise venue de l’ouest. Tout le contraire d’une scène de drame…

 

Il m’a fallu un laps de temps pour comprendre que si la fille n’était plus dans l’embarcation c’est qu’elle était tombée à l’eau. Cela se pouvait très bien car les bords d’avant étaient dépourvus de mains courantes et il suffit parfois d’un rien pour perdre l’équilibre sur un pont et se retrouver à la baille. Cependant en tombant de si peu on ne s’assomme pas, on ne se tue pas ! En trois brasses on rejoint l’arrière de la coque et on remonte à bord. La jeune femme savait nager, de cela j’en étais certain. Que s’était-il donc passé ? Elle ne s’était tout de même pas envolée ! Noyée ? … Je l’aurais vue flotter entre deux eaux en tenant mon dernier palier tantôt.

« Puttana ! » Je me sentais responsable et totalement impuissant. Je m’en voulais à mort. « Puttana ! … sono stronzo ! » Je criais mon désespoir à la face de l’horizon, mais jurer n’avançait à rien.

 

Ma réaction viscérale passée je reprenais mes esprits en imaginant ce qui avait pu se passer. Je me persuadais que, pour une raison où une autre, la fille s’était mise à l’eau. Peut-être pour se rafraîchir et nager un peu, tout simplement. Le faible courant conjugué à la brise naissante l’avait conduite à dériver par rapport au bateau resté fixe, ainsi elle s’était retrouvée hors d’atteinte. C’est une situation qui peut se produire au large. Si l’on n'y prend garde, en quelques minutes on peut s’éloigner de plusieurs dizaines de mètres sans s’en rendre seulement compte. Ensuite, en voulant très vite rejoindre le bateau pour retrouver la sécurité de son bord, on prend le risque de sous estimer les distances et de s’épuiser à nager, alors l’angoisse se mue en affolement et c’est le début de la fin.

 

Si la fille était encore de ce monde, idée à laquelle je me cramponnais de toutes mes forces mentales, elle devait se trouver à fleur d’eau, quelque part dans la direction du nord-est.

Depuis le moment où j’avais remis les pieds sur le pont du navire il ne s’était passé que deux ou trois minutes qui m’avaient semblées interminables. Il n’y avait pas d’alternative. Je devais faire tout ce que je pouvais pour retrouver la disparue. J’avais détaché les bouts associés à l’ancre et aux amphores, les abandonnant au fond, car je ne voulais pas perdre le temps de les remonter à bord. Aussitôt j’avais démarré le moteur et j’avançais en scrutant la surface dans la direction où je pensais avoir une chance d’apercevoir la naufragée.



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A
enfin !<br /> <br /> la retrouvera-t-il ?
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