Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bloc-notes de Toncrate

Publicité

41 – Un emploi du temps chargé, mais pas d’école !

 

Les quelques jours qui suivirent filèrent à une allure folle. Probablement parce que nous étions tous très occupés à nos tâches respectives mais aussi à cause des journées qui devenaient plus courtes. Pour Brice et moi, il y avait beaucoup à faire au jardin et au verger. C’était le moment de cueillir les pommes avant que la pluie ne les fasse périr et de les ranger en ligne sur les claies prévues à cet effet tout en haut du grenier afin qu’elles puissent se conserver jusqu’à l’hiver. Il fallait également récolter la fin des légumes à mûrir : mangetout, aubergines, tomates, céleris, trop convoités par les limaces qui devenaient de plus en plus nombreuses et audacieuses par cause d’humidité grandissante. Heureusement que Brice s’y connaissait un peu en jardinage ! Depuis plusieurs années il aidait régulièrement au travail du potager et à force de voir l’exemple de sa mère et de sa grand-mère, il avait acquis une précieuse expérience. Je n’avais qu’à m’en remettre à lui, ça me convenait parfaitement.

 

Le moment le plus agréable de la journée c’est sans conteste celui où l’on donne à manger aux ânes. En supplément de la brassée de fourrage que nous prélevons sur des ballots empilés dans la cabane en planches, nous leur comptons deux mesures de granulés à chacun, un complément alimentaire dont ils sont particulièrement friands. Au moment de la distribution on a intérêt à se synchroniser afin que chaque animal reçoive sa portion en même temps, sinon c’est la foire d’empoigne, chacun cherchant à dévorer le picotin de l’autre. A ce petit jeu, Poils-longs se fait avoir à chaque fois ! Il est si placide et si lent que si je ne lui donne pas le reste de sa part dans le creux de ma main il se la fait inévitablement chiper par un de ses congénères !

Mais les ânes contribuent également au moment le plus cacateux de notre emploi du temps lorsqu’il est nécessaire de nettoyer l’enclos, c’est à dire presque tous les matins. Imagine-nous, Fabrice avec la brouette à pousser devant lui et moi ramassant le crottin de la veille à l’aide d’une pelle toute piquée de rouille. Nous devons faire ainsi tout le tour du terrain et de nombreuses haltes avant d’aller déposer le caca sur le tas de fumier qui servira dès cet automne à enrichir d’engrais naturel les planches du jardin potager. L’exercice est peu ragoûtant mais comme dirait papa, c’est dans l’ordre des choses. Encore heureux que la ferme ne compte ni vache qui bouse mou ni cochon qui se vautre dans la fange, je n’ose imaginer les corvées que cela entraînerait.

 

Comme tu vois, nos matinées étaient bien remplies : nous avions à nous occuper des bêtes de bonne heure en commençant par les ânes, puis le sol du poulailler à balayer grossièrement avant de faire manger la volaille et de récupérer les œufs pondus de la veille dans les caisses de bois paillées ; ensuite nous ravitaillions en luzerne la douzaine de gentils lapinous parmi lesquels quatre petits, nés de peu, que je me régalais de voir grandir ; enfin nous visitions les oies et les canards d’en bas pour vérifier qu’ils ne manquaient de rien.

 

Avant le déjeuner que nous prenions à la ferme avec Carole, sur la demande insistante de ma mère, je rendais visite à Tawen qui devait encore garder la chambre au moins une dizaine de jours.

 

L’après midi nous faisions ce qu’il y avait à faire au jardin selon l’avis de Brice qui prenait bien son rôle au sérieux. Après quoi, en fonction de l’heure où nous finissions mais aussi de l’aspect du ciel, on entamait un jeu ou bien on partait se promener, boulotter les dernières mûres, framboises ou fraises des bois qui auraient échappé jusqu’ici à notre sagacité. Nous gardions aussi l’œil ouvert aux taches orangées des chapeaux des chanterelles qui pouvaient se montrer dès à présent à tout moment, puisqu’on était de nouveau en septembre.

 

En fin d’après-midi nous rentrions au Bélougue où nous traînions jusqu’à l’heure du dîner. Après de telles journées, le soir venu nous ne nous faisions pas prier pour monter nous coucher mais dès que maman était redescendue après nous avoir délivré le baiser du dormir, Fabrice me rejoignait dans ma chambre pour une dernière conversation.

Le moment privilégié des secrets enfantins… que tu aimerais bien connaître, hein ? … mais que je ne te dirai pas… non, mais ! ... ça te regarde pas ça ! Sans blague !



lire la suite


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
l'école n'a pas repris et le mystère reste entier... ferais-tu diversion ?
Répondre
T
sympa cet épisode "retour à la ferme" :)))
Répondre