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Bloc-notes de Toncrate

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37 – Un drôle de rêve que j’ai fait

 

Mais nous n’étions que des enfants, des enfants qui s’étaient beaucoup dépensés durant la journée sans compter toutes les émotions ! Aussi nous n’avions pas tardé à sombrer dans le sommeil, bras contre bras, tête contre tête, les blondes mèches de Fabrice se mêlant à mes boucles châtaines.

 

Sans doute parce que je n’étais pas dans mon lit d’habitude et aussi à cause de tous les événements accumulés de la journée, durant la nuit je fis des rêves étranges. Je me souviens bien du dernier d’entre eux.

J’étais dans la caverne où nous étions allé le matin même. Il faisait tout noir et soudain quelqu’un, peut être même un animal, jaillissait de nulle part en criant comme s’il y avait du danger et qu’il était urgent de s’enfuir.

En entendant cela, je décidais de m’en aller mais partout où je regardais il n’y avait que les parois sombres de la grotte et pas d’issue pour s’échapper. Mais comme j’étais dans un rêve et que tout est possible dans un rêve, j’apercevais soudain juste devant moi un interstice dans le rocher qui ne s’y trouvait pas à la seconde d’avant ; je voulais à toute force m’en approcher mais sans pouvoir y arriver, comme si je me trouvais complètement paralysée, incapable de mettre une jambe devant l’autre. J’étais devenue prisonnière de moi-même. Ça faisait un peu peur.

Juste au moment où je commençais à me sentir totalement perdue et que le rêve devenait un cauchemar, quelqu’un qui ressemblait beaucoup à mon papa m’attrapait dans ses bras et me soulevait du sol. Puis une voix sortait de quelque part au fond de l’eau. Elle nous appelait. C’était celle de maman, à coup sûr. Alors, d’un seul coup, papa plongeait en me tenant fort contre lui et il se dirigeait vers l’endroit d’où provenait la voix. Ce qui me parut bizarre c’est que même en étant sous l’eau je continuais à respirer normalement.  C’est comme ça que j’ai pu retrouver la sortie de mon rêve.

 

Mais voilà, au matin, en me réveillant pour de bon, le cauchemar  de la nuit me rattrapa dans la réalité. L’espace d’un instant j’eus une véritable frayeur : je sentis mes jambes comme prises dans un étau. Je ne pouvais plus les bouger. Dans un demi-sommeil, je me rappelais ce qu’avait dit papa la veille au soir, à propos d’une maladie qui empêchait les gens de se déplacer. Sans doute que cette chose terrible était arrivée jusqu’au Bélougue pendant la nuit.

 

Cependant, en reprenant peu à peu mes esprits, je réalisais qu’il n’en était rien. Je n’étais pas dans ma chambre, ni au mas, mais bien à la ferme, sur le divan du salon où j’avais dormi avec Fabrice. Et si je ne pouvais pas me lever c’était tout simplement parce que Blek s’était couché de tout son long sur mes jambes et que son poids également réparti m’empêchait totalement de bouger.



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