Bloc-notes de Toncrate
Je m’occupai moi-même d’appeler les parents de Fabrice. Nous convînmes qu’à condition qu’il assure le nourrissage des poules et des lapins, il pourrait nous accompagner et passer le dimanche avec nous. En effet, ce jour là les Cabryal devaient se rendre au Grau-du-Roi afin de récupérer Séverine en vacances chez une amie.
Les locataires du gîte étant partis depuis la veille il était inutile d’assurer une permanence à la ferme, et comme le temps s’annonçait magnifique, la mamé avait exceptionnellement décidé d’accompagner sa fille et son gendre pour goûter aux joies de la plage. Chacun allant de son côté, la colline serait laissée déserte une bonne partie de la journée.
Quand elle fut rassasiée, lavée et habillée, je donnais la permission à Minou de rejoindre son camarade afin qu’elle lui apporte son aide pour nourrir la basse-cour. Pendant ce temps je rassemblai le matériel nécessaire à notre expédition. Serviettes et slips de bain, sandales d’eau, torche électrique, appareil photo, bougies, thermomètre, petites boîtes cylindriques très utiles pour effectuer des prélèvements. Ah ! la bobine de ficelle et le mètre de couturière, le carnet de croquis et le crayon avec sa gomme au bout… la loupe, la boussole… N’ai-je rien oublié ?
Tout ce bazar je l’emballai soigneusement dans un gros sac étanche spécialement conçu pour le canyoning.
Pour parfaire les préparatifs, il me restait à confectionner un bon paquet de sandwiches, remplir une grande bouteille d’eau plate, sélectionner quelques boîtes de soda pour que chacun trouve bonheur à se désaltérer, puis ranger correctement toutes ces bonnes choses dans la glacière. Plutôt que de rentrer déjeuner au Bélougue j’avais pensé qu’il serait plus agréable de pique-niquer sur le site à midi. Nous aurions certainement grand faim après avoir arpenté les entrailles de la terre.
C’est en voiture que je récupérai les enfants au passage. Je renvoyai Fabrice chercher son maillot de bain et une torche supplémentaire avant qu’enfin nous nous mettions en route. Quand nous quittâmes la colline il n’était pas loin de dix heures.
La grotte que je projetais de visiter se trouve dans la partie caussenarde de la région. C’est une zone faite tout en calcaire où le moindre ruissellement laisse des trous sur son passage. Un vrai fromage de gruyère présentant une multitude de paysages tourmentés. Des défilés étroits et tortueux, d’inaccessibles canyons, des arches pétrifiées et singulièrement sculptées par l’érosion, des empilements rocheux chaotiques aux formes fantastiques et tout un tas de cavités couvertes ou découvertes. Somme toute, un environnement quasi extra-terrestre à l’image de la surface imaginable d’une folle comète encore tout échevelée.