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Bloc-notes de Toncrate

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9 – Emboîte mon pas camarade !


Comme souvent dans les maisons de campagne, on entre de plain-pied dans l’espace à vivre. C’est une très grande pièce qui occupe toute la longueur du bâtiment, naturellement scindée par l’empiètement de l’escalier menant à l’étage.

A main droite, c’est la partie salon salle de séjour où prévaut l’imposante cheminée cévenole, toute faite de lauzes et barrée d’une poutre de châtaignier patinée par les ans. C’est le lieu où bat le cœur de la maison pendant dix mois de l’année.

A gauche c’est la salle à manger où l’on peut réunir une bonne dizaine de convives joyeux autour de la table en chêne massif. Contre la cloison du fond se dresse un étonnant vaisselier rustique que maman a acheté dans une brocante pour une petite fortune (une folie qui avait provoqué une dispute en son temps…) mais dont elle se montre particulièrement fière, de bonne foi me semble-t-il.

 

La porte qui flanque le meuble litigieux est presque tout le temps ouverte. Elle donne dans la cuisine. C’est une pièce éclairée au néon, pas très large mais équipée bien comme il faut. Ses deux petites fenêtres regardent la paroi d’une étroite galerie extérieure aménagée au nord de la maison afin de l’isoler du flanc de la montagne. Sans cet espace préventif, les fortes pluies qui surviennent en automne s’infiltreraient dans les murs et useraient leurs soubassements jusqu’à en saper les fondations.

Une autre pièce borgne attenante à la cuisine abrite la chaudière, le lave-linge, le gros congélateur et une rangée d’étagères chargées de provisions parmi lesquelles un assortiment de confitures estampillées « Ferme Cabryal ».

Euh ! … Pour info, la porte que tu vois ici c’est le cabinet d’en bas ; si tu dois t’en servir pense à ouvrir le fenestron après ; c’est l’usage chez-nous… toujours bon à savoir !

 

Mais revenons dans le salon et passons à nouveau devant la cheminée dont les chenets se languissent d’hiver. Hé ! Tu tâteras du sofa tout à l’heure, pour le moment continuons la visite veux-tu ?

La porte que tu aperçois là, entre les rayonnages qui croulent sous les livres, c’est le bureau de papa. Cette pièce complète le volume constituant l’arrière de la maison, mais ici l’éclairement est assuré par une fenêtre digne de ce nom qui dégage sur l’est. Au-dessus il y a ma chambre à coucher. Mon père me dit qu’il m’entend ronfler quand il corrige les cahiers, mais je sais que c’est même pas vrai. Il invente ça pour me faire bisquer, parfois il est un peu lourdaud dans ses vannes.

Viens ! Jette un coup d’œil… vite fait ! En principe c’est défendu d’entrer quand papa n’est pas là. A cause des papiers de l’école qui sont confidentiels ; une fois il m’a surprise alors que j’allais mater en douce pour renseigner une copine sur un devoir… Bon sang ! Qu’est-ce que j’ai pas entendu ce jour là ! Je te jure que je ne recommencerai plus !

 

Hébé ! … Toi ça te fait rire ! Mais sur le moment c’était pas marrant je t’assure…

Allez, on monte en haut camarade ?



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J
Il m'a fallu un temps pour comprendre le titre.<br /> <br /> Emboite pas mon camarade ! Ben, non, je ne vais pas emboîter ton camarade, t'inquiète.<br /> <br /> Ah non, oups ! C'est pas ça !<br /> <br /> Emboîte mon pas-camarade ? Mais pourquoi ? Bon, il n'est pas ton camarade, mais pourquoi voudrais-je l'emboîter ?<br /> <br /> Aaaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaah ! Emboite mon pas, camarade ! Aaaaaaaah ! Suivez-moi !<br /> <br /> Ah.<br /> <br /> Ben, justement, je n'avais pas suivi.<br /> <br /> ;-)
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A
ça alors, moi j'ai jamais osé ! et pourtant j'étais curieuse !<br /> on monte alors ?
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