Le balluchon noué au bout de son bâton
il va sur le chemin qui mène à Compostelle
l’air absent, éperdu, les doigts sous la bretelle
battant le sol pierreux de ses grands ripatons.
Sans doute avez-vous vu ce mythique piéton
interrompre son pas devant l’une des stèles
qui jalonnent la route aux rives immortelles,
avant de repartir comme pour Marathon.
Moi je l’ai aperçu, un jour, de ma terrasse,
au sortir de la table, après l’action de grâces.
Seigneur ! Le chemineau me fit faire mouron :
« Enfin ? Quel intérêt à s’user les souliers,
à suer, transpirer et courir les halliers ?
Sur la terre, l’homme qui marche tourne en rond ! »