Bloc-notes de Toncrate
n attendant l’arrivée du légiste Bordiga échafaude à toute vitesse diverses hypothèses dans sa petite tête. Tout un tas de scénarios fantaisistes lui traversent l’esprit à propos de ces meurtres. Il essaye de voir émerger du chaos une idée sur le profil des criminels mais rien à faire, c’est le flou persistant.
Quelques minutes seulement, puis une ambulance se fraie un passage entre les curieux qui stationnent, de plus en plus nombreux le long de la rue Kléber. Le Docteur Karpov en descend. Il semble serein.
— Salut Philip ! Qu’est ce qui se passe ? Tu me prends un abonnement ou quoi ?
— Tu as deux clients à l’intérieur.
— Encore deux ! C’est ton nouveau tarif ?
Bordiga fait un signe de la main indiquant qu’il n’a pas tellement envie de plaisanter.
— Va jeter un coup d’œil. C’est par-là… Si tu peux me dire approximativement à quand remonte leur mort ça fera avancer le schmilblick.
— Bien Monsieur le commissaire !
*
Karpov s’engouffre dans le cloaque. Il en ressort moins de deux minutes plus tard. Il n’a qu’un commentaire bref qui vient des tripes :
— Putain de merde !
— Tu as vu ça !
— J’aimerais pas être à ta place Philip. Les crimes de sadiques, c’est toujours la galère pour les débrouiller.
— Alors ? Ça s’est passé quand d’après toi ?
— Ils sont froids depuis au moins vingt-quatre heures, sans doute plus.
— Le salon est fermé dimanche et lundi. En tablant sur ce que tu dis ça a pu se produire entre samedi soir et lundi matin. C’est vague…
— Je serai plus précis après l’autopsie.
Comme le commissaire ne pipe mot, Karpov demande :
— On les dégage ?
— Non. On attend Jeannot. On doit faire les photos aussi. Et puis je voudrais qu’il voie comment les cadavres sont disposés. Je te cache pas que ça me turlupine. Peut être qu’il aura une idée.
Karpov répond :
— A première vue les types étaient déjà passés ad-patres quand ils ont été disposés tête-bêche. L’un d’eux à des marques sur la nuque. Tiens ! voilà la camionnette de Jeannot !