Bloc-notes de Toncrate
hilip consacre ensuite une bonne demi-heure à étudier les P.V. des gendarmes et des sapeurs-pompiers. Il cherche à établir précisément la chronologie des évènements. En marge il note deux questions : « Pourquoi a-t-on laissé le véhicule dans cet endroit désert ? Pourquoi il y avait-il un casier de bouteilles à l’intérieur ? » Rien ne semble logique dans cette histoire. Il tapote son bureau du bout des doigts puis il appelle la voiture de sa collègue qui est en route pour Martillac. Par chance elle décroche tout de suite.
— Camille ?
— Oui !
— C’est Philip.
— Oui. Je t’écoute.
— Dans le rapport des pompiers j’ai trouvé le nom de la personne qui a alerté la caserne. Ça pourrait être intéressant d’avoir sa version de vive voix. Lui demander ce qu’elle a vu exactement ? Tu peux y passer ?
— C’est où ?
— A Martillac.
— Donne !
— Madame Locre, chemin des Hirondelles.
— O.k., j’y ferai un saut dès que j’aurais parlé à Cassini.
*
D’une chose à l’autre l’après-midi se déroule sans que rien de spécial ne se passe. Philip n’a pas oublié la promesse qu’il a faite à Julia. Il quitte le bureau avant dix-huit heures pour acheter de quoi confectionner un agréable dîner.
Comme c’est lundi il décide de pousser jusqu’au centre commercial afin de trouver des magasins ouverts. A la supérette il choisit un filet de porc, une belle laitue, une bouteille de Médoc, un pain de campagne tranché et un joli bouquet de fleurs coupées. Au moment d’aller faire la queue à la caisse il retourne dans les rayons pour ajouter à son panier une boîte de croquettes pour le chat. Il croit se rappeler qu’il n’en restait guère ce matin quand il a donné son déjeuner à Néron.
Après une attente qui lui semble excessive, il parvient à payer ses emplettes qu’il emporte, via le bus, jusqu’à l’appartement.