Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bloc-notes de Toncrate

Publicité

17 - L’article du journal


es efforts que Julia a mis en œuvre pour laisser son compagnon dormir tranquillement ne s’avèrent pas inutiles puisque c’est seulement la faim qui réveille Philip à neuf heures moins dix. Il s’étire longuement dans le grand lit défait avant de se lever en imaginant son petit déjeuner. La clarté du jour et le chat l’accueillent chaleureusement. Néron, mielleux comme dix ruches en plein mois d’août, parce qu’il pige tout de suite qu’il va se goberger avec un second service, et le soleil, naturellement, parce que c’est quand même lui qui a décrété l’été depuis une semaine.

Aussitôt dans la salle de séjour, Philip aperçoit le mot que Julia a laissé sur la table. Écrit en lettres toutes rondes pleines de délicatesse : « Si tu peux à midi rejoins-moi au chinois. Bisous bisous. »

 

*

 

Après s’être sustenté et une poignée de croquettes plus tard, Philip va récupérer Sud-Ouest, le journal régional auquel il est abonné et qu’un porteur vient glisser dans sa boîte aux lettres chaque matin.

L’affaire de la veille est à la une, sur deux colonnes : « La région visée par le terrorisme ? » Sous le titre, en médaillon, les photos des deux victimes. Philip parcourt rapidement le chapeau : « Deux gendarmes de la brigade de Léognan ont été tués dans l’explosion d’une voiture piégée près de Martillac (Gironde). D’après la cellule anti-terroriste qui s’est rendue sur place, leur courage et leur sacrifice ont permis d’éviter une catastrophe de grande ampleur. (lire l’article p 4…) »

Le développé du texte ne lui apprend rien qu’il ne sache déjà. Il est surtout question de l’historique des attentats qu’E.T.A. a perpétré sur le territoire espagnol et des accointances avérées entre les réseaux des indépendantistes basques de chaque côté de la frontière. Apparemment c’est cette piste que semble privilégier la brigade anti-terroriste..

La lecture du quotidien laisse Philip pensif. Il a du mal à imaginer qu’un groupe armé organisé puisse abandonner une voiture piégée et amorcée dans un mauvais chemin agricole. La région bordelaise, ce n’est pas le Moyen-Orient… Quand on connaît le danger encouru, on ne se balade pas comme ça, assis sur des explosifs !

Tout le tapage autour d’une action terroriste en préparation, ça donne une désagréable impression de préfabriqué. De la désinformation qui ne dit pas son nom.

Ou alors les Parisiens qui sont venus sur place ont perdu toute notion du bon sens ? Ou encore cela fait partie d’un plan ? Quoiqu’il en soit, il arrive qu’à force de vouloir se faire mousser, les prétentieux finissent par se déliter et s’envoler en mille petits flocons blancs…

 

*

 

Bordiga est conscient que s’il nourrit du ressentiment vis à vis des flics de la B.A.T. pour lesquels le journal ne tarit pas d’éloges, c’est aussi parce qu’au fond, il a un peu les boules d’avoir été écarté de l’enquête. Dans la police on est susceptible. On n’admet pas facilement qu’une équipe soit meilleure que la sienne, et quand on commence un travail, on a à cœur de le mener à bien. Quoi qu’il en soit les ordres sont les ordres, et comme le disait Camille, après tout, si d’autres font le boulot à ta place, tu ne vas pas s’en plaindre !

Il y a bien assez de besogne comme ça !

 

 

lire la suite




Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article