Bloc-notes de Toncrate
ant bien que mal Philip Bordiga déplace son véhicule sur le bas-côté de la route afin de libérer le passage, puis il appelle le numéro direct de son bureau à l’aide de son portable.
— Allô ! … Allô ?
— Police criminelle ! Inspecteur Mayoral à l’appareil !
— Greg ! C’est moi !
— Alors ?
— Tu as pu joindre les autres ?
— Camille est là, mais j’ai pas pu choper Stefan. Son téléphone ne répond pas.
— Bon. C’est la merde totale ici. Une voiture s’est méchamment explosée dans les vignes en tuant deux gendarmes.
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Je sais, ça paraît complètement fou mais c’est bien ce qui s’est passé. Ecoute moi … tu prends quatre hommes avec toi et tu rappliques tout de suite pour occuper le périmètre. Concrètement le problème se situe à l’intersection de la D214 et de la D109. Deux fois à droite en sortant de Léognan, pas loin de Martillac…
Il se passe une seconde de blanc avant que l’inspecteur n’approuve :
— D’accord.
— Tu as tout noté ?
— Oui.
— Alors mets les gaz petit ! Et passe-moi Camille…
Un instant se décline, mal agrémenté par la musique d’attente insipide de l’administration, puis la voix claironnante de la jeune femme résonne dans l’appareil.
— Allô ! Philip ?
— Salut Camille. Désolé de gâcher ton dimanche.
— C’est pas un problème, de toute façon ce week-end les gosses sont avec leur père. Dis-moi, c’est quoi tout ce ramdam ?
— C’est pas la joie, on a un os.
— C’est bien ce que j’ai cru comprendre. Explique…
— Pour le moment ce n’est pas parfaitement clair mais d’après les premiers éléments il serait question d’une bombe. Deux gendarmes de Léognan ont été tués dans l’explosion.
— Un attentat ?
— Je ne crois pas à un attentat en rase campagne. Ça n’a guère de sens. Appelle la Préfecture, j’aimerais savoir ce qu’ils en pensent.
— D’accord.
— Je sais que c’est dimanche mais essaye quand même de joindre Jeannot, ça serait bien qu’il vienne sur place avec son matériel.
— Je m’en occupe.
— Un toubib. Il faut un toubib aussi.
— Je crois que c’est Karpov qui est de service aujourd’hui.
Un silence bref. Philip reprend :
— Et puis…
— Quoi ?
— Non…rien. Pour bien faire, il aurait fallu prévenir D’Ysembert.
— Mais on ne sait pas où il est ? c’est ça ?
— C’est dimanche… écoute-moi : je fixe le P.C.. à la gendarmerie de Léognan. J’y serai, disons, … sur les coups de onze heures. D’ici là je vais me rencarder à droite à gauche.
— D’accord.