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Bloc-notes de Toncrate

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Le monde selon Toncrate

 

La première représentation c’est l’univers à zéro dimension :

On imagine un point. Un point théorique, sans aucune substance, sans aucun référent. Un point indéfinissable, qui n’est même pas issu d’un croisement entre deux lignes. Est-il figé ? rien n’est moins sûr, mais en tout cas il n’est pas en mouvement.

Ce point détermine l’origine de la poésie ainsi que la géométrie de l’univers avant le temps de Planck.

 

La seconde représentation c’est l’univers à une dimension :

Voilà la ligne… imaginaire bien sûr. Une ligne qui ne possède rien d’autre qu’une direction indéterminée puisque nous la concevons en dehors de tout référentiel. La première dimension se résume à une simple notion de spin, un peu comme le fil du roman.

Dès lors, on peut commencer à causer d’arithmétique et aborder la plupart des questions philosophiques.

 

La troisième représentation c’est l’univers à deux dimensions :

Deux lignes toujours immatérielles mais dont les directions divergent. Il n’en faut pas plus pour envisager le plan. Intrinsèquement celui-ci dispose d’un formidable potentiel. Il détermine le calcul et il génère la géométrie Euclidienne. A partir de sa conception il nous fait appréhender la notion d’aire.

Le théâtre s’y installe spontanément ; dans un élan un peu fou les nombres qui s’alignaient bien sagement le long de notre première dimension se mettent au carré comme des soldats au garde-à-vous ; les mathématiciens en tirent des dérivées, les arpenteurs y mesurent des surfaces ; les comptables se mettent frénétiquement à établir l’impôt.

 

La quatrième représentation c’est l’univers à trois dimensions :

Alors là, excusez du peu, mais on touche à la perfection. Nous retrouvons enfin les références qui gouvernent notre perception de l’espace : la longueur, la largeur et la profondeur, plus pragmatiquement les axes x, y et z qui définissent les coordonnées spatiales dans lesquelles nous baignons.

Cette soudaine capacité de l’univers à se contenir autorise sa structuration. La matière y trouve sa place et ce qu’il y a entre la matière également. Non content  de  définir son volume, cet espace quasi-cohérent nous impose sa courbure de façon évidente, alors qu’elle était à peine suggérée dans les représentations précédentes. Fermé, ouvert ou infiniment plat, quelle que soit sa forme finale, il nous est étrangement familier. Dans la troisième dimension on se sent bien dans ses pantoufles et on suppute l’imminence du spectacle.

 

La cinquième représentation est un tout petit peu plus compliquée ; c’est l’univers à trois dimensions plus une :

Patatras ! … c’était décidément trop beau pour durer ! Car voilà que le temps est venu… Et avec lui le mouvement, l’accélération. Cause ou effet, les forces endogènes de la structure s’expriment dans toute leur splendeur : la gravitation, certainement la plus étrange ; l’interaction nucléaire faible produite par la désintégration radioactive de l'atome ; le fameux effet électromagnétique mis en évidence par Faraday ; et la bizarre interaction nucléaire forte qui assure la cohésion des noyaux atomiques par le biais de « gluons » aussi curieux que singuliers.

Vivent les quarks et des leptons ! les particules élémentaires, les trains d’ondes qui se déplacent aussi vite qu’il est possible… sans oublier leurs équivalents d’antimatière !

Insensiblement la cinquième représentation se dérobe à la compréhension. C’est le temps de la science-fiction.

 

A la sixième représentation l’univers a combien de dimensions au fait ?

A partir de la théorie des quanta les mathématiciens élaborent des hypothèses. D’après des calculs compliqués, un univers concret regroupant 11 dimensions serait parfaitement cohérent. Cela donne à penser qu’il est probable que notre perception de la réalité soit considérablement tronquée et que par conséquent nous soyons définitivement incapables de nous en faire une représentation synthétique.

Eh oui les enfants ! Il faut admettre que sans l’artifice mathématique il n’y a pas de progrès possible dans la connaissance cosmologique. Ce sera donc le postulat de la leçon du jour : tout est relatif.

 

Alors ? Est-ce la fin des représentations… ? Nenni !

 

Pour la septième représentation, ça joue !

Bin ouais quoi, maintenant que le décor est planté, que la genèse est achevée, et qu’en plus on est dimanche, comme le veut l’usage on va se reposer quelques heures en attendant le début la vraie représentation, celle donnée par les hommes.

 

C’est seulement par la suite qu’on verra ce qu’on a fait

et alors peut être qu’on verra que ce qu'on a fait est bien…

 

 

Rafistolé pour les Impromptus Littéraires


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