Bloc-notes de Toncrate
As-tu déjà essayé, en baissant la tête, de voir briller le ciel et les étoiles ? Tu sais, ce désert qui finit parfois sur l’océan : qu’est ce que c’est beau ! La plage est immense et quand le vent souffle de l’ouest, elle se transporte en dunes fugitives. Le ciel ? C’est un désert de sable tout contre un désert d’eau. Partout il y a le sel, le vent et les grains de poussière des yeux.
Doit-on dire les étoiles ?
Désert de sable et désert d’eau emmitouflés dans un désert de vent ; voilà de vrais éléments secs, non miscibles et bien courageux.
Ils se représentent comme une éclipse vraie ; une totale. Un gâteau de zénith fourré à la framboise.
Désert de glace : doit-on dire les étoiles ?
Désert d’étoiles, intrinsèquement le néant, le temps de la lumière qui s’accomplit. Juste le temps de la lumière des étoiles ; le désert ? non : la banquise.
Un artefact s’interpose à l’océan : doit-on encore parler d’étoile ? Le temps lui aussi devient fou… Non, non. Les étoiles je sais comment les contempler depuis le moelleux de mon lit, sans télescope. Tes yeux valent les télescopes géants. Je n’ai nul besoin de miroir.
« Au loin une nouvelle bataille s’engage, sur un terrain neuf en bordure d’un lac ou d’un étang. A l’horizon des sommets enneigés, au ciel quelques nuages de soleil, au milieu une météorite fraîchement tombée de la nuit… »
Et puis, en dehors des déserts il y a le désert, le vrai. Celui où on ne peut pas vivre ; celui où on a froid. Désert de glace, galactique. Les icebergs étincelants croisent perdus dans l’espace, je suis un voyageur clandestin, mon iceberg me tient froid dans l’immensité du désert noir et blanc. J’avance, inexorable et je devine ici et là les interminables sillages rectilignes que vous laissez vous-même, aux sables de vos propres déserts, au long de vos froides banquises.
Ecrit pour les Impromptus Littéraires