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Bloc-notes de Toncrate

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En fouillant le kjökkenmödding (épisode 2)

 

Alors, le fil allant dans l’aiguille, je me suis clairement rappelé que j’avais été déconcerté par une étudiante présente à cette session. Elle était de Copenhague et s’appelait Titia. Elle avait une allure trop mignonne, frisottée, blondinette et jolie comme un cœur de céleri primeur ; pas coincée du tout (alors ça, pas du tout !)  mais autant que je m’en souvienne, je n’avais jamais osé l’approcher à moins de deux mètres. Ceci malgré que nous nous baignions souvent ensemble tôt le matin car nous étions toujours les premiers levés ; elle sûrement nue et moi presque comme, faisant trempette dans un creux de la rivière, dont la fraîcheur du courant m’empêchait d’avoir en évidence cette chose précise qui fait qu’elle aurait pu se poser des questions sur la nature des intentions que je nourrissais à son endroit.

 

Eh bien ! mais cela je ne l’ai appris que par la suite, la jolie Titia…, la midinette scandinave…, eh bien ! elle s’était donnée à qui l’avait voulue dans le camp, dans tous les sens du terme et sans se faire prier, en n’oubliant que moi…, je ne saurai jamais pourquoi…

Saperlotte ! Cette fille était une adepte de l’amour libre, et moi, comme un idiot, je n’avais rien deviné ! Pendant toute la semaine j’avais pris son détachement pour de la fausse minauderie et confondu son flegme avec de la candeur ! Malheur ! En la considérant comme une ingénue, j’avais joué aux yeux de mes camarades, le rôle affligeant du zigomar ahuri et bêta qui n’avait pas su profiter de l’aubaine.

 

Ceci fit que, précisément cette saison, je m’étais contenu dans l’abstinence, ce qui n’était pas dans mon habitude compte tenu que la vie en camping a toujours été propice aux rapprochements des sexes. Sur le moment j’ignorais que ce renoncement involontaire prendrait une aussi haute dimension spirituelle quelques semaines plus tard, lorsque je retrouverai Justine sur le palier de la maison, ce fameux soir où il y aurait de l’orage et des larmes et dont je crois avoir déjà parlé en ce lieu, bien ou mal à propos. 

 

*

 

Péniblement, je me souviens également de cet été là comme étant l’ultime de mon compagnon à quatre pattes, mon premier chat que j’ai eu, et qui s’appelait Achille. En effet il faudrait que je l’accompagne avant la fin de mon séjour à sa dernière consultation. J’en ai éprouvé beaucoup de chagrin sur le moment, presque trop s’agissant de la perte d’un animal, mais ne quantifions pas ceci voulez-vous ?

Il avait dix-sept ans ou presque ; à présent il est au ciel des mistigris.

Quand je repense à lui, je le revois sur cette plage vide de Dordogne, tirant des bords avec ses longues pattes grises, un galet, un galet, les uns après les autres, jusqu’à un bouquet de viorne et de piquants mélangés qui cachait certainement quelque batracien en son sein ; je le ressens encore par les vibrisses de son museau quand il venait me réveiller pour le matin ; je l’entends toujours ronronnant à foison, je le respire aussi avec son odeur si spéciale qui me faisait penser à de la purée de pois-cassés et qui m’a toujours intriguée.

Chichou, mon vieux matou, tu n’es plus à côté de moi mais je suis content de t’aimer.

 

*

 

Comme on est peu de chose et versatile par-dessus le marché ! Pendant que ma peine était forte à l’époque, je jurais tous les saints que je n’aurai plus jamais d’animal familier et voilà que, alors que j’écris, là, maintenant, je vois le mufle de Platon dépasser au-dessus l’écran et la queue de Socrate balayer mécaniquement le bord de mon clavier.

 

Pardonnez-moi, juste un instant… mais… il faut que je mouche…

 


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Fouillé et exhumé pour les Impromptus Littéraires


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