Les mots les plus fragrants que la terre ait produit
ce sont les « Mycéliens » que j’aborde aujourd’hui :
Pourritures exquises, bouquets merveilleux,
ils chatouillent le nez et ravissent les yeux.
Ici, sous la fougère un chapeau mordoré
abrite le pied blanc d’un cèpe. La forêt
dans un élan inné de générosité
donne à qui la trouver son équanimité.
Par-là, une rangée de russules paresse,
des gastéromycètes, des phalles et des vesses
côtoient les chanterelles, les trompettes de mort,
les marasmes aussi, sans l’ombre d’un remord.
Une amanite belle à l’allure élancée
tend son chapeau vers toi pour être ramassée.
Prends garde ami ! Ne t’en remets point au hasard :
« Est-elle pour Brutus ou digne des Césars ? »
Des lépiotes poilues, de grandes coulemelles,
au pré mouillé bien des chapeaux ont des lamelles :
Les entolomacées jouant aux clitocybes,
les hydnes, les clavaires que les mousses imbibent.
Après les champignons et les sous-bois touffus,
allons voir au soleil et nous mettre à l’affût ;
car c’est l’heure où folâtrent garennes insouciants,
pipent chardonnerets et merles impatients.