Très pas cher Père Noël,
Je t’envoie cette lettre parce que ça fait une semaine que maman me bassine à ce sujet, et tant que je ne l’aurais pas écrite, je n’aurais pas la paix. C’est vrai quoi ! Maman elle s’imagine que je suis encore sa petite fille modèle, l’image d’Epinal naïve et émerveillée par les fêtes de fin d’année alors que depuis cet été, je sais parfaitement que tu n’as jamais existé que dans l’imagination des adultes.
Je suis même pas triste. Je trouve ton absence assez en cohérence avec le monde que je découvre un peu plus chaque jour. Je sais que la vie ne réserve guère de cadeaux, que ceux qu’on reçoit on finit par les payer un jour ou l’autre.
De toute façon, je n’ai besoin de rien de particulier. J’ai ma maman qui m’aime (même un peu trop parfois), mon papa (un peu pas assez), et mon petit frère qui possède tellement de jouets qu’il y en a largement pour deux et pour les années à venir.
Donc je n’ai rien à te dire vois-tu ! J’ai plus qu’à mettre la feuille dans l’enveloppe, bien la refermer, et puis maman va me dicter ton adresse en Finlande ou au pôle sud ou dans les nuages… et je vais la recopier consciencieusement. Qu’est ce qu’il faut pas faire ! Après ça elle va être tellement contente que ses yeux brilleront de mille feux lorsqu’elle collera le timbre. Finalement tu auras quand même rendu quelqu’un d’heureux.
Allez va ! Je ne te salue pas, puisque tu n’existes pas.
Prune