A l’E.N.A., écoutant le cours de rhétorique
j’ai appris que les mots pesaient d’un vrai pouvoir
pour contrôler les gens et pour les émouvoir
et qu’ils sont les alliés des hommes politiques.
Enfin prêt à servir la noble République
sous les ors des palais j’apportais mon savoir
mais tout a vite fait de trop me décevoir
alors je suis parti me mettre en italique.
Depuis ma démission, mes laïus je les chante
dans la forêt profonde, aux ruisseaux et aux plantes
et j’en fais des sonnets que je déclame aux roses.
A la façon de Jean-Baptiste Poquelin
qui prête à Don Juan ces termes sibyllins,
je dis : « Tous les discours n’avancent point les choses. »