Quand la maisonnée dort, qu’il est déjà très tôt,
que le frais de la nuit accorde enfin sa grâce,
je reste un long moment assis sur la terrasse
à regarder la lune au dessus des coteaux.
Lentement elle va sur les fonds orbitaux,
sa figure bouffie est de plus en plus basse,
défraîchie par l’effort, exténuée et lasse,
elle finit sa nuit derrière un boqueteau.
A ce moment précis, l’astre semble si proche
que du bout de mon doigt parfois je m’y accroche
et pour quelques instants je deviens sélénite.
Après quoi, apaisé je vais me recoucher,
je m’endors et je rêve que je l’ai décrochée,
alors je te la donne, à toi, ma favorite.