Il restait un cahier vide, je l’ai pris. Apothéose. Mes émanations morbides sont dérangées, le souffle tait. Un peu comme une longue déferlante sur le pont d’un bateau rouillé. Il fait froid, je suis aveugle.
L’élégance de la rime s’ajoute au bord de la rivière. La larme sourde. Et les cognées restent immuables, adossées aux troncs flétris. Les enjambées se restreignent, il faut de la nonchalance dans les doigts, de l’étrangeté dans le regard oblique. Et puis il y a la haine. La vraie, celle qu’on se dégueule dans la nuit ; les oiseaux écarlates en sont ceints, les fibres déployées. Et ce vent qui est là, muet, qui se dispense de rêve opaque. Le halo persiste, il se tait, comme l’échéance défectueuse, la marée noire de l’ennui. C’est le voyage éternué. Vraiment le ciel est trop confiant pour qu’on s’y prête et les vins trop brûlés. Un jour j’ai écris : « Je m’en trogne, quand je serai grand je serai mort. »
Ce matin c’est l’automne, des arbres. Des oiseaux et des nuages gris. Ce matin c’est l’orage de la nuit qui subsiste, je me calfeutre ; il fait froid. Et pourtant les grimages sont ôtés et les grimaces ne parlent plus du passé, il n’y a que le vent, l’insaisissable vent de l’océan qui pleure, son tocsin, ses étoiles. Il y a le temps, l’invisible temps qui se disperse sous la voûte. Quoi que l’on fasse il y a toujours un reflet qui nous précède, une ombre qui nous suit ; il y a tant de réverbères.