Brève nuit, vague à l’âme, aurore carminée,
je reviens du dormir quand mes rêves s’amuïssent,
quand tout mon corps s’étire, que mes lèvres gémissent,
avant que le réveil n’ait le temps de sonner.
Je baille ; j’entrebâille un œil ; gratte mon nez,
à quelques centimètres son visage s’esquisse,
je ressens contre moi le galbe de sa cuisse ;
le sommeil m’a quitté où le soleil renaît.
Elle dort ; taisez-vous… ne la réveillez pas.
Voyez comme elle est belle quand elle ne sait pas…
ma mésange, ma reine, ma singularité.
Mais il est temps bientôt de courir au travail,
j’effleure d’un baiser sa bouche de corail,
les blés de ses cheveux me font toucher l’été.