Partager l'article ! 89 - Une cabane dans les bois: ordiga récupère son véhicule, il démarre et s’engage sur la route en direction d ...
ordiga récupère son véhicule, il démarre et s’engage sur la route en direction du lac. Il roule lentement pour ne pas manquer le repère qu’il a posé au cours de la nuit sur le bord du talus. Il range la voiture au même niveau puis descend jusqu’à la berge. Après le petit déjeuner improvisé, un brin de toilette est bienvenu. Le commissaire se débarbouille sommairement en se passant de l’eau fraîche derrière les oreilles.
Ensuite il cherche des yeux la tour de rondins qu’il a aperçu la veille. Il relève grossièrement la direction et décide de s’y rendre en coupant par la forêt.
Au bout d’une heure de marche, à force de tâtonner et de s’invectiver chaque fois qu’il a l’impression de s’éloigner du but, Philip parvient enfin à la base de la tour. Il a eu des difficultés à la découvrir car il ne s’agit pas à proprement parler d’une construction ; c’est simplement un espace emménagé entre les troncs de quatre pins dont la situation a permis la mise en place d’une rampe qui rejoint une sorte de nacelle arrimée à la canopée. Philip constate qu’il manque les premiers échelons permettant d’accéder au dispositif. Ils ont été escamotés, sans doute pour décourager les Tarzans en vacances et en herbe. L’obstacle n’est que symbolique : en détachant une cordelette grossièrement camouflée Philip fait descendre la partie amovible de l’échelle. Dès lors il peut entamer l’ascension.
Il s’élève progressivement le long de la rampe étroite en tournant entre les troncs jusqu’à une plate-forme intermédiaire puis il achève son périple par l’escalade d’un plan incliné qui l’amène jusqu’au sommet.
A cette hauteur, le panorama est exceptionnel. Un vrai bonheur pour les yeux. Dans la clarté du petit matin, Philip ne peut s’empêcher de savourer longuement la splendeur de la nature. A l’ouest, derrière le cordon dunaire écrasé par la perspective, l’océan se prolonge à perte de vue. De l’autre côté, les lacs d’Hourtin et de Carcans brillent de mille reflets, tout autour le regard se perd au-dessus de la pinède préservée, dont les verts nuancés semblent onduler au gré des reflets de lumière. Julia aurait aimé ce spectacle.
C’est mardi, il est presque huit heures, pour une fois qu’il a son portable sur lui, il appelle à l’appartement.
— Mmm… ?
— Julia… ?
— Mmm…
— Bonjour mon cœur…
Il devine un bâillement.
— Quelle heure est-il ?
Elle doit regarder le réveil en posant la question car elle enchaîne sans attendre la réponse.
— Ah quand même ! Dis donc… j’ai trop dormi moi.
Il l’imagine en train de s’étirer dans le lit.
— Tu es où mon chéri ? Où as-tu passé la nuit ?
— Je ne me suis pas couché. Je suis du côté de Lacanau.
— Le boulot ?
— Difficile. Je voulais juste te dire que je t’aime.
— Mmm…
— Je t’embrasse tout partout.
— Mmm…
— Tu ne me dis rien ?
— Si…
Elle fait des petits bruits de baisers, puis tout à fait réveillée, elle demande.
— Tu reviens quand ?
— Ce soir.
— Je t’aime.
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